Attention les Alpes, les Pyrénéens débarquent.
Samedi 15 Juillet:
Après une courte nuit passée dans notre magnifique petit chalet alpin, nous nous réveillons et découvrons, pour la première fois, depuis le balcon, le massif du Mont Blanc... Impressionnant... les Pyrénées sont loin derrières nous.
L'objectif du jour est de rejoindre le refuge Albert 1er au dessus d'Argentière, afin d'effectuer le lendemain l'ascension de l'Aiguille du Tour.
La montée se fait donc tranquillement l'après midi, en remontant la moraine du glacier du tour...impressionnant...
Celui d'Ossoue, traversé il y a quelques semaines fait peine à voir à côté.
En deux heures, nous rejoingnons le refuge. Le groupe a l'air bien en forme, mis à part Xurita qui souffrent d'ampoules à ses petits pieds.
Nous avons la surprise de retrouver "Bunny" au refuge qui accompagne un groupe sur une semaine Mont Blanc. Cette semaine commence décidemment bien: les Pyrénéens sont en force au pays des Alpins...
La soirée se passe tranquillement... la nuit un peu moins... Les ronfleurs sont de sortie...
Lundi 17 juillet:
Départ à 4 heures du matin pour l'Aiguille du Tour. Dès les premières lueurs du jour, nous avons droit à un spectacle grandiose avec un lever de soleil superbe sur le Chardonnet... les deux cordées avancent tranquillement sur un neige parfaite à cramponner. Nous évoluons au milieu de magnifiques aiguilles jusqu'à un col ouvrant sur le glacier du Trient. De là, nous découvrons un paysage halluciant s'ouvrant jusqu'aux pentes du Cervin...
Nous remontons le glacier jusqu'à la base de l'Aiguille où la rimaye commence à s'ouvrir.
Nous atteignons le sommet par une petite escalade assez agréable. La vue sur le Mont Blanc depuis le sommet est idéale...
Nous découvrons les plus hauts sommets du massif: la Verte, le Mont Blanc, Bionnassay, Le cervin...et bien entendu une multitude de sommets suisses imprononsables, que seul Bunny arrive à identifier...
Nous sommes tous ravis. La descente se fait dans la bonne humeur. Le groupe est en parfaite condition physique... Le mont Blanc se présente bien.
Mardi 18 Juillet: Farniente...
L'objectif de cette journée était de se REPOSER. Et je pense qu'on s'en est pas mal sorti... Notre Papa poule nous avait préparé une super salade de fruits pour le déjeuner, du pain grillé, bref le rêve...
Nous en avons également profité pour préparer les sacs durant l'après midi.
Mercredi 19 Juillet:
Départ par le TMB à 7H50...L'ambiance au sein du groupe est tendu...Le dénouement d'une année de préparation approche....la tension est palpable. Nous retrouvons deux guides alpins au Nid d'Aigle qui nous accompagnerons durant ces deux jours.
Dès la mise en marche, nous sentons le groupe confiant, la machine est lancée... Nous rejoingons le refuge de Tête Rousse à 12h afin de pique niquer. Nous attend ensuite la fameuse traversée du couloir "de mierda" (comme disent nos amigos espanoles) puis une montée de 800m de denivelé dans une face quasi verticale...
La traversée du couloir se fait en footing en croisant les doigts...nous assistons à des chutes de pierres continues durant dix minutes avant de pouvoir traverser...Ambiance " bienvenue au Mont Blanc".
La montée jusqu'au refuge du Gouter se fait facilement, chaque cordée évoluant à son rythme.
Notre caméraman de choc découvre les joies de l'altitude...
Vers 15h 30, nous arrivons au Gouter (3800m). Paysage magique sur l'arrête de Bonnassay et sur la vallée...
La fin d'après midi se passe dans une ambiance suréaliste... Le groupe se retrouve dans le dortoir du refuge où reigne une ambiance plus que joyeuse...Le mal des montagnes se traduit, au sein de notre groupe, par des grandes crises de rire qui nous donnent mal au ventre ( dédicace à Pépé Bohington qui n'a pas du changer de place depuis).
Jean Jacques passe sa fin d'après midi à hurler du fait de quelques crampes douloureuses ( et oui, il faut boire, fallait écouter Benito...).
Le repas au refuge est...comment dire...assez frugal... Nous avalons tous sagement notre diner afin d'avoir quelques forces pour le lendemain.
La soirée se passe sur "la terrasse" du refuge entre pyrénéens.
Nous avons retrouvé "Bunny" qui nous fait passer un moment inoubliable à nous conter quelques histoires propres aux Pyrénées...Les jeunes ont tous le sourire sur les lèvres...
Après une courte nuit, lever à 1H45 afin de se préparer, déjeuner, cramponner, et partir pour notre ultime défi.
Jeudi 20 Juillet:
Vers 3h du matin, nos quatre cordées commencent à cheminer en direction du dôme du gouter. Tout le monde est en bonne forme mis à part Peio qui à l'estomac dans les dents... Heureusement son mental et son physique exceptionnel prennent le dessus ( j'attends les commentaires...).
Chacun avance tranquillement le nez dans les étoiles jusqu'au dôme ou tt le monde se regroupe. L'état des troupes est plutôt bon même si notre cameraman serait mieux sous sa couette.
Nos rejoingons ensuite le refuge vallot ( 4362m). Les premières lueurs apparaissent...le spectacle est saisissant...la crête des bosses rougit de bonheur en nous apercevant...Le sommet nous tend les bras.
L'ultime montée sur l'arrête n'est pas une mince affaire. Les jambes se font lourdes mais la motivation prend le dessus. Le sommet se rapproche définitivement. Nous croisons Bunny qui nous lache un dernier encouragement...
La cordée image arrive au sommet à 6H57...Jean Jacques est complétement épuisé mais réellement heureux...Le temps est magnifique, la température clémente... 15 minutes après, Lucie et Anabelle nous rejoignent: explosion de joie, étreintes, et roulades dans la neige...les filles sont en forme.
Nous attendons avec impatience les deux autres cordées. Pourvu que tout le monde arrive au sommet...cela n'aurait pas de sens. Nous voulons vivre ce moment tous ensemble...Après 15 Min d'attente nous aprecevons les deux dernières cordées... A 7h 28, tout le groupe est rassemblé au sommet du Mont Blanc. Moment suréaliste... Nous apprenons que Kiki a un peu coincé sur l'arrête mais son courage et les encouragements de Fabienne et de papa Philippe, lui ont permis de tout donner et de rejoindre le sommet.
L'émotion est au rendez vous...Ces moments sont réellement magiques, nous sommes tout simplement heureux, les visages sont illuminés et les yeux voilés par quelques larmes d'émotion...
Nous prenons tous conscience de ce qui nous arrive...c'est tout simplement magique.
Un joli lenticulaire nous rappelle à la réalité. Nous avons une descente de près de 2500 de déniv à effectuer.
En 10 min, l'arrête des bosses se retrouve dans le nuage. Le froid et l'humidité nous rappelle que nous ne sommes pas encore en bas.
La descente se fait dans la bonne humeur, les jeunes sont décidement en bonne condition physique. Le programme de préparation mis en place par Benoit était vraiment parfait. Nous atteignons le refuge du gouter où nous prenons un moment pour souffler. La descente jusqu'au nid d'Aigle se fait prudemment en raison des chutes de pierre descendant de l'aiguille du gouter.
Vers 14h nous nous retrouvons au TMB...
Le sommet est derrière nous...Nous prenons, en revanche conscience que nous venons de vivre une année exceptionnelle...Un véritable groupe est né. L'aventure ne fait, en fait, que commencer...
De retour à Saint Gervais, des projets commencent déjà à apparaitre... Mon dieu, où est ce que ce groupe va décider de nous amener???
Les prochains mois nous le diront... Nous venons de vivre une expérience exceptionnelle...Tout ce projet s'est déroulé comme dans un rêve...
Merci à tout ceux qui ont cru en nous: La FFME qui a été la première a nous accompagner...Merci à René et François pour leur soutien et confiance...
Merci également à la fondation décathlon ( pour l'équipement fourni mais également pour leur écoute et leur disponibilté), la Caisse d'Allocation familiales Béarn et Soule, le conseil régional d'Aquitaine, la DDJS, Le crédit mutuel, l'entreprise d'insertion STEP, l'association Peps, Romano Sport, et enfin la CUMAMOVI.
Merci à tous ceux la...et puis une spéciale dédicasse à notre sponsor privilégié sans qui, à coup sur, le sommet n'aurait jamais été atteind: La famille d'apiculteur Calestreme, pour son miel et son pain d'épice qui valent, sans aucun doute, toutes les injections d'EPO au monde...
Enfin, Comment ne pas remercier Benoit et Philippe pour leur disponibilté et leur engagement...